FID’actus Mars 2020

Bulletin d’information trimestriel du FID n°05.Mars 2020 @FIDMadagascar

SOMMAIRE

Réponses aux situations d’urgence :

plus de 58.000 ménages bénéficiaires

Ma vie a réellement changé

Michelin HAJANIRINA

Réponses aux crises, 3 questions à

Mamisoa RAPANOELINA

J’ai des projets pour l’avenir

Cynthia RAVAONIRINA

Les femmes au cœur de la réussite

Les femmes sont les moteurs de la réussite et mieux-être social

Fiavota ou rescousse dans la langue locale, est un programme intégré de transferts monétaires et de nutrition en réponse aux effets de la sècheresse dans les régions Androy et Anosy pour 70.000 familles réparties dans les cinq districts les plus touchés : Ambovombe, Tsihombe, Bekily, Beloha, Amboasary. Mis en œuvre depuis 2016, il vise à améliorer le bien-être des ménages les plus vulnérables, à renforcer leur capacité de résilience et à relancer leurs activités économiques, ainsi qu’à les encourager à investir davantage dans le développement humain.

Dans la première phase de mise en œuvre, des transferts monétaires non conditionnels ont été octroyés aux ménages ayant au moins un enfant de moins de 6 ans fréquentant les sites de nutrition des 39 communes identifiées. Un fonds de redressement leur a également été alloué pour qu’ils puissent reconstituer leurs actifs et relancer leurs activités économiques. Depuis avril 2018, les transferts sont beaucoup plus axés sur le développement humain, désormais ils sont conditionnés par la scolarisation des enfants de 6 à 14 ans et le suivi nutritionnel des enfants de moins de 5 ans.

Des effets positifs au niveau des bénéficiaires

Pour renforcer le capital humain et améliorer les conditions sociales et économiques des familles ainsi que

l’autonomisation des femmes, des mesures d’accompagnement sont mises en œuvre en appui aux transferts monétaires. Elles constituent le véritable moteur de changement et permettent de consolider les résultats encourageants obtenus jusqu’ici.

Après 15 mois de mise en œuvre, une enquête à mi-parcours menée en avril-mai 2018 a permis de relever les principaux impacts de Fiavota. Les résultats de cette étude montrent que les bénéficiaires vivent dans de meilleures conditions de vie et de bien-être en adoptant une alimentation plus diversifiée. Les transferts monétaires ont permis de rétablir les activités économiques des familles bénéficiaires avec un revenu moyen plus élevé (40% supérieur à celui des non bénéficiaires).

En ce qui concerne les indicateurs de développement humain, une amélioration de l’état de santé des bénéficiaires et une hausse de fréquentation des centres de santé sont constatées. Beaucoup plus d’enfants sont scolarisés au niveau primaire (hausse de 8 %). En outre, la place de la femme au sein du ménage se trouve plus renforcée, elle participe plus à la prise de décision (54% en 2018 contre 38% en 2016).

 

Fiavota, un programme adapté aux chocs

Le design de Fiavota lui permet de s’adapter aux contextes d’urgence ou humanitaire du Sud. Par le biais de son extension « Fiavota, Toseke Vonje Aigne », le programme permet de répondre aux effets d’une crise pour pourvoir aux besoins essentiels des personnes en situation d’urgence. La mise en œuvre de cette extension s’opérationnalise, d’une part, à travers une extension horizontale c’est-à-dire que de nouveaux bénéficiaires sont intégrés au programme en plus de ceux qui en font déjà partie, et d’autre part, par une extension verticale avec une révision à la hausse du montant des transferts monétaires (70.000 Ar contre 30.000 Ar ou 50.000ar). Les mesures d’accompagnement sont aussi dispensées aux bénéficiaires de la protection sociale réactive aux chocs.

Dans une optique d’amélioration et par principe d’équité, les bénéficiaires du programme font actuellement l’objet d’une certification pour assurer qu’ils répondent aux critères de vulnérabilité (famille avec au moins un enfant de 0 à 14 ans ou monoparentale, faible revenu ainsi que plusieurs autres critères).

Les mots du Directeur Général

« Fenitra tratrarina, mampivoatra sy manarina», c’est avec ce nouveau slogan qui illustre l’essence même des missions et des interventions du FID que je vous adresse ces quelques lignes avec honneur.

Depuis plus de 25 ans, le Fonds d’Intervention pour le Développement (FID) a travaillé au cœur des communautés pour les accompagner vers le bien-être durable, en les soutenant à investir dans l’éducation de leurs enfants, dans la santé de la famille, dans des activités génératrices de revenus, en leur fournissant du travail en périodes difficiles, en construisant et en réhabilitant des infrastructures de base mais surtout en les accompagnant vers plus d’autonomie.

Aujourd’hui plus que jamais, nos interventions visent à soutenir les plus vulnérables pour faire face aux chocs et pour améliorer leurs conditions de vie. A l’instar des activités en réponse aux crises dans le cadre de Fiavota (Protection Sociale Réactive aux Chocs), le programme de protection sociale en réponse aux effets de la sècheresse dans les régions Androy et Anosy, nos interventions ne se limitent plus désormais aux catastrophes à déclenchement rapide (inondation et cyclones) mais concernent également celles à évolution plus lente (sècheresse). Les récentes activités du FID ont essentiellement concerné l’aide aux ménages en situation d’urgence : 59 chantiers argent contre travail post-catastrophes, réhabilitation prévue pour une cinquantaine infrastructures endommagées, transferts monétaires non conditionnels dans huit districts des régions Anosy, Androy et Atsimo Andrefana.

Néanmoins, l’implémentation et la mise en œuvre des autres programmes tels que Vatsin’Ankohonana et Asa avotra mirindra suivent leur cours afin de renforcer les résultats positifs tangibles obtenus jusqu’à présent en portant une attention particulière aux mesures d’accompagnement pour les familles bénéficiaires.

L’implication de tout un chacun, partenaire, intervenant de tout horizon, communauté acteur-bénéficiaire, est capitale dans l’engagement que nous menons pour un développement durable.

Jaona ANDRIANANTENAINA
Directeur Général . FID

Réponses aux situations d’urgence :
plus de 58.000 ménages bénéficiaires depuis janvier

Des interventions sont menées par le FID en réponse aux effets des catastrophes naturelles afin de permettre aux communautés touchées de se relever rapidement.

Les régions dans la partie Nord, Ouest et Est du pays avaient été fortement touchées par les pluies diluviennes entraînant inondation, brèches au niveau des digues, etc . Des chantiers Argent Contre Travail Post catastrophes sont réalisés dans 11 communes au niveau de 8 districts de Madagascar depuis le mois de janvier au bénéfice de 6 900 familles bénéficiaires. Les réponses aux catastrophes naturelles concernent également la réhabilitation et la reconstruction des infrastructures endommagées telles que les centres de santé et les infrastructures scolaires. 51 infrastructures sont répertoriées pour cette activité, si certaines sont en cours  de réhabilitation, d’autres sont encore au stade d’évaluation technique.

Dans le Sud, les effets de la sècheresse met en péril la vie de milliers ménages. Afin de les soutenir, l’extension protection sociale réactive aux chocs du programme Fiavota a permis d’appuyer plus de 51.000 familles dont environ 28.600 constituent les bénéficiaires des extensions verticales et horizontales de Fiavota. Les 22.600 autres familles ont été identifiées dans le cadre de l’opération d’urgence menée par la Présidence de la République dans les Régions Anosy, Androy et Atsimo Andrefana.

Je peux dire que ma vie a réellement changé

Michelin HAJANIRINA (Ambatoharana – Mahatsinjo)

Avant de travailler dans le programme Asa Avotra Mirindra, j’étais ouvrier agricole mais le travail se faisait rare. J’aime les abeilles et le miel, avec mes compétences acquises lors des formations et mes revenus, j’ai investi dans l’élevage. J’ai commencé par 5 ruches, aujourd’hui j’en ai une vingtaine. Je vends non seulement du miel à 16.000ar le litre mais je vends aussi les essaims à 50.000ar.

Avec les autres mesures d’accompagnement, l’incitation et les techniques d’épargne, je peux dire que ma vie a réellement changé.

3 Questions à Mamisoa RAPANOELINA

Directeur chargé des activités post-crise, de la sauvegarde et des fonds d’appui

FID’Actus : Pourriez-vous nous expliquer quelles sont les situations de crise auxquelles le FID est appelé à intervenir et quels sont les principaux dispositifs qui sont mis en place pour le relèvement ?

Mamisoa RAPANOELINA : Dans la mise en œuvre du financement additionnel FSS FA2, une sous composante est dédiée aux activités relatives au relèvement précoce suite à une situation de crise liés aux dégâts occasionnés par les catastrophes naturelles dont les cyclones, inondations et la sécheresse.

Trois volets principaux constituent les axes d’intervention dans les activités de cette sous composante :

Volet 1 : Les activités Argent Contre Travail ou ACT réalisées sous système HIMO qui sont réalisées dans les zones d’impact des cyclones, inondations afin d’aider les populations à une reprise de la vie normale à travers des travaux d’assainissement, de nettoyage de quartiers et de réparations des petites infrastructures communautaires [4.900.000 USD] pour 30 mois. Les 22 régions de Madagascar sont éligibles pour ce premier volet.

Volet 2 : Les Transferts Monétaires Non Conditionnels ou TMNC qui sont des subventions allouées aux couches de la population victimes de chocs lents (sécheresse) particulièrement dans la partie Sud de Madagascar (FIAVOTA dans les régions Anosy et Androy et autres régions…) et également aux couches de la population victimes de chocs rapides (cyclones et inondations…) dans les zones d’intervention de FSS FA2 dans les programmes TMDH ou ACTP [5.100.000 USD] pour 30 mois.

Volet 3 : les réhabilitations ou reconstructions d’infrastructures socio-économiques de base endommagées ou détruites par les aléas climatiques dont les cyclones ou inondations dans Le but de contribuer à la continuité des services fournis par ces infrastructures [5.400.000 USD] pour 30 mois. Les 22 régions de Madagascar sont également éligibles pour ce troisième volet.

Fid’Actus : Quels sont les résultats obtenus à ce jour et les perspectives ?

M.R. : A propos des interventions en matière d’ACT suite aux fortes perturbations météorologiques du premier trimestre 2020 (cyclone Belna, zone de convergence inter tropicale, zone de perturbation météorologique) nous nous sommes intervenus, à ce jour, dans les 7 régions les plus touchées dans 9 districts. 7000 ménages ont bénéficié des activités en

ACT ayant mobilisé un financement total de 1.100.000.000 Ariary.

Citons particulièrement pour ces interventions la réfection des canaux d’assainissement dans le vallon de Metzinger dans la commune urbaine de Mahajanga ainsi que la réparation de plusieurs brèches sur canaux dans les périmètres rizicoles d’Alaotra Mangoro (Ambatondrazaka et Amparafaravola). Ces interventions ont permis de rétablir assez rapidement le quotidien des populations sinistrées et de se prémunir des effets néfastes des inondations. A noter également que chaque chantier ACT dure 20 jours de travaux avec une rémunération de 5000 Ariary pour 5 heures de travail par jour et par ménage bénéficiaire.

Pour les transferts monétaires non conditionnels (transfert de cash), à ce jour, 45.000 ménages en sont bénéficiaires soit environ 250.000 individus dans 3 régions (Androy, Anosy et Atsimo Andrefana). L’opération consiste en des transferts mensuels de 70.000 Ar/ménage durant 4 mois ainsi qu’une subvention unique de 210.000 Ar/ménage afin que ces ménages puissent stabiliser leurs revenus en créant des petites activités génératrices de revenus (élevage, agriculture familiale, petit commerce ou artisanat). Ces transferts sont justifiés par le risque d’insécurité alimentaire sévère qui affecte les populations de ces régions dû à l’absence de pluies depuis 7 mois à l’instar de la dégradation de la situation nutritionnelle des groupes sociaux fragiles en la matière (femmes enceintes, allaitantes et jeunes enfants de 6 à 23 mois). Environ, 11 milliards d’ariary sont engagés dans cette opération et notons que dans 8 communes de la région d’Androy, le PAM contribue techniquement et financièrement à cette opération avec un apport financier de 1.400.000 USD.

Enfin, pour les réhabilitations/reconstructions d’infrastructures sociales de base endommagées par les aléas climatiques (cyclone, inondations), le recensement et l’évaluation des travaux à entreprendre sont en cours et nous prévoyons de réaliser cette année une cinquantaine de travaux de réhabilitations ou de reconstructions d’infrastructures composées essentiellement d’établissements scolaires, de centres de santé et d’ouvrages de franchissement (ponts).

FID’actus : En conclusion…

M.R. : La fragilité de notre pays face aux divers aléas climatiques y compris les impacts du changement climatique au niveau mondial justifie amplement la mise en œuvre de la sous composante de relèvement précoce pour le financement additionnel du programme lets sociaux de sécurité.

A ce titre, Le FID collabore étroitement avec Le Bureau National de Gestion Des Risques et Catastrophes (BNGRC) qui est l’institution nationale de référence en la matière à travers le choix des zones d’intervention, la nature des activités à entreprendre ainsi que la coordination des interventions avec les autres opérateurs (humanitaires ou autres).

La gestion des risques et catastrophes est à la fois difficile et complexe. Toutefois, nous félicitons particulièrement le leadership du BNGRC pour son dynamisme ainsi que la bonne volonté de tous les membres de la cellule de réflexion pour les interventions en urgence (CRIC) dont Le FID est membre pour soutenir notre pays face aux impacts des catastrophes naturelles qui peuvent affecter négativement la marche pour notre développement.

J’ai des projets pour l’avenir

Avec les sècheresses répétitives, on a tout perdu, on n’avait plus de ressource régulière, on vivait dans la détresse.

Depuis que j’ai bénéficié du programme Fiavota, notre vie familiale s’est améliorée. La nourriture nous est accessible, mes enfants fréquentent de nouveau les écoles, nous avons acquis le réflexe de nous rendre au centre de santé en cas de maladie.

Avec le fond de redressement j’ai pu acquérir deux chèvres qui depuis ont mis bas de cinq chevreaux, je suis fière de pouvoir entreprendre et j’ai d’autre projet pour l’avenir. Je suis maintenant convaincue que tôt ou tard ma famille pourra progresser vers une vie meilleure et se passer des aides.

Cynthia RAVAONIRINA (Andranomamy – Androy)

Brèves

Les femmes au cœur de la réussite des programmes de protection sociale

Les femmes ont été à l’honneur lors de la célébration de la Journée Internationale des Droits de la Femme, le 8 mars dernier. La célébration nationale avait eu lieu à Tuléar où le FID avec quelques bénéficiaires du Vatsin’Ankohonana avaient pris part aux festivités. Les femmes sont les moteurs de la réussite et du mieux-être social. Les programmes mis en œuvre par le FID (Asa Avotra Mirindra, Vatsin’Ankohonana, Asa Vonjy Voina) accordent une place capitale aux femmes : elles constituent 79 % des récepteurs des transferts, 4 470 mères-leaders ont été formées pour être des vecteurs de changement au niveau de leur communauté, les femmes sont encouragées à renforcer leur place au sein du ménage en participant aux prises de décision grâce aux mesures d’accompagnement, les femmes sont au centre du bien être de la famille, un des objectifs des programmes.

 

Implémentation et mise en œuvre des activités

Dans le cadre du second financement additionnel du projet Filets Sociaux de Sécurité, la mise en œuvre des différentes activités liées aux principaux programmes est actuellement en pleine préparation.

Pour le Asa Avotra Mirindra, les mémoires de préparation des projets c’est-à-dire la définition globale des activités et moyens à mettre en œuvre pour le démarrage de la 8è intervention sont en cours d’élaboration. Le lancement de cette intervention sera effective à compter du mois d’avril.

Concernant le Vatsin’Ankohonana et ‘Ndao Hianatra, les actions en cours concernent la mise à jour des informations sur les bénéficiaires ainsi que la formation des acteurs notamment les directeurs d’école sur la coresponsabilité. Les premiers transferts pour ces deux sous-composantes auront lieu au début de ce deuxième trimestre.

Quant à Fiavota, des transferts monétaires ont déjà eu lieu et les mesures d’accompagnement suivent leur cours. Parallèlement, le re-certification des ménages bénéficiaires est actuellement en cours pour répondre aux critères définis de vulnérabilité.

Vu ailleurs

LES TRANSFERTS MONÉTAIRES DANS L’ACTION HUMANITAIRE | DAKAR | 20-24 AVRIL 2020

Cette formation s’articule autour du cycle de projet et couvre toutes les compétences clés nécessaires à la conception, à la mise en oeuvre et au suivi de programmes de transferts monétaires. La formation est axée sur une perspective technique et intègre des exemples et des études de cas issus de plusieurs secteurs.

En participant à cette formation, vous saurez :

  • Comprendre comment les transferts monétaires sont guidés par les politiques, normes et directives clés
  • Décrire comment les transferts monétaires doivent être intégrés dans le rôle des différentes équipes tout au long du cycle de projet
  • Expliquez quelles données d’évaluation sont nécessaires pour éclairer l’analyse des options de réponse
  • Utiliser les informations du marché pour informer le choix de la modalité
  • Comprendre comment les transferts monétaires peuvent contribuer aux objectifs de la réponse
  • Identifier les informations nécessaires pour le suivi et l’évaluation des transferts monétaires
  • Identifier comment la collaboration et la coordination soutiennent la qualité des transferts monétaire*

    Source : https://humanitaire.institutbioforce.fr/