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Editorial : Du changement de mentalité à l’inclusion économique : les fondations d’un développement durable et résilient
« Tout est créé deux fois, tout d’abord dans votre esprit et ensuite dans le monde extérieur ». Cette citation de Robin S.Sharma illustre la dynamique que le FID souhaite impulser à travers ses interventions.
Face aux défis économiques, sociaux et environnementaux, le changement de mentalité constitue la première étape vers une transformation durable. Il s’agit de repenser la manière de concevoir l’avenir, de valoriser les ressources disponibles et d’oser repousser ses limites. L’accompagnement des bénéficiaires, à travers les transferts de compétences, cultive un état d’esprit de croissance, d’innovation et de confiance en soi. Les ménages apprennent à développer une vision, à planifier et identifier les opportunités pour son atteinte, à trouver des solutions créatives, et à devenir des artisans de leur propre succès.
Investir dans l’humain pour un impact durable
En soutenant les communautés bénéficiaires dans le développement d’activités génératrices de revenus, le FID favorise à la fois l’inclusion économique et la stimulation de l’économie locale pour une amélioration durable des conditions de vie. Ce processus renforce non seulement leur autonomie financière, mais aussi leur dignité et l’estime de soi. Les initiatives locales créent à la fois des emplois directs et indirects, stimule l’économie locale et renforcent la cohésion sociale. La durabilité et la résilience reposent sur avant tout sur le potentiel humain, sa capacité à repenser et à élargir son champ d’actions et à transformer sa vision du possible.
Brèves
Raharimalala Marie Suzanne, bénéficiaire de Asa Avotra Mirindra,
Fokontany Antsakoana, Commune Amparafaravola, District Amparafaravola – Alaotra Mangoro
Raharimalala Marie Suzanne, 49 ans, vivait auparavant de l’agriculture et de l’élevage. Grâce au programme Asa Avotra Mirindra, elle a transformé les difficultés de son quotidien en véritables opportunités de croissance. Aujourd’hui, elle est devenue un exemple de persévérance au sein de sa communauté.
Au sein des Espaces productifs, Marie Suzanne a appris plusieurs techniques agricoles, notamment la fabrication de provendes et d’intrants agricoles, mais également à gérer ses revenus et à épargner. « J’ai appris à produire moi-même les provendes dont j’ai besoin. Cela a réduit considérablement nos dépenses », témoigne-t-elle, fièrement.
Marie Suzanne a commencé sa production de provendes à partir d’un ancien broyeur abandonné dans la cour du voisin. Aujourd’hui, elle vend ses produits aux autres agriculteurs du village. Visionnaire, elle rêve de créer une grande structure de production d’intrants agricoles biologiques.
Filets sociaux : Fonds de soutien rime avec autonomie économique
Le fonds de soutien, bien plus qu’un appui financier, devient un levier d’autonomie pour les bénéficiaires des programmes Asa Avotra Mirindra et Vatsin’Ankohonana. Grâce à un accompagnement personnalisé et des formations pratiques, ces initiatives transforment des parcours de vie en véritables histoires de réussite économique et sociale.
Dans plusieurs zones rurales et périurbaines, les programmes Asa Avotra Mirindra et Vatsin’Ankohonana démontrent que la protection sociale peut être un véritable moteur de développement humain et économique. Ces programmes offrent un accompagnement structuré visant à renforcer l’autonomie des bénéficiaires sur le long terme, bien au-delà d’une simple aide financière.
L’approche est multidimensionnelle, les bénéficiaires sont soutenus non seulement sur le plan économique, mais aussi sur les aspects sociaux et humains. Ils reçoivent des formations pratiques sur la gestion de projets, le suivi budgétaire, ainsi que sur des techniques modernes en agriculture et en élevage. L’objectif est clair : permettre aux ménages de mettre en place des activités génératrices de revenus viables, capables de couvrir leurs besoins et de répondre aux demandes du marché.
Dans cette optique, un soutien financier pour l’investissement est octroyé dans le cadre des programmes à un moment stratégique du parcours : le fonds de soutien. Ce dernier permet aux bénéficiaires de démarrer ou de renforcer leur activité, leur offrant les moyens de transformer leurs compétences en revenus stables et durables. L’objectif est de permettre à chacun de développer une activité génératrice de revenus (AGR) durable, adaptée à son contexte et à la demande locale.
Des impacts tangibles au sein des communautés
L’histoire de Patrick, un jeune homme de la région d’Amoron’i Mania, constitue une preuve de réussite. Bénéficiaire du programme Asa Avotra Mirindra, il vit de la culture de manioc et a choisi de ne pas se limiter à l’agriculture. Avec le fonds de soutien reçu, il a lancé un projet d’engraissement de lapins, une viande très prisée dans sa région. Après avoir étudié les opportunités du marché, il a vu dans cette activité un moyen d’élargir ses sources de revenus. Aujourd’hui, son petit élevage prospère, et il envisage même de former d’autres jeunes de son village.
De son côté, Liva, mère de famille bénéficiaire de Vatsin’Ankohonana, a vu sa vie changer grâce à l’élevage de canards. Elle a utilisé le fonds de soutien pour améliorer l’alimentation et l’entretien de ses volailles. Résultat : plus de 50 canetons élevés, une production régulière, et un revenu stable, alors qu’elle a démarré avec seulement 5 canetons. « Un bénéfice de cent pour cent, c’est ce que je gagne avec ces canards », confie-t-elle avec fierté. Elle vend la chair, les œufs et même le fumier, ce qui renforce encore davantage l’impact économique de son activité.
Le fonds de soutien agit comme un levier puissant de transformation pour les bénéficiaires, en renforçant leur autonomie et en les accompagnant vers une résilience durable.
MANJA Fleuria, bénéficiaire de Fiavota,
membre du KOMIAZA dans l’approche Azafady Babako, Commune Behara, District Amboasary Sud – Anosy
À 25 ans, Manja Fleuria, mère d’un enfant et résidant à Behara, rêvait d’apprendre la couture pour améliorer ses conditions de vie. Grâce à la formation en couture dans le cadre de l’approche Azafady Babako du programme Fiavota, elle a pu concrétiser ce rêve en se spécialisant dans la fabrication de serviettes hygiéniques lavables. En produisant 10 à 30 serviettes par semaine, la vente lui rapporte entre 20 000 ar et 50 000 ar en un mois. « Les serviettes hygiéniques lavables sont utiles pour chaque femme. Elles sont réutilisables, donc plus économiques, et leur marché reste ouvert » explique-t-elle. Avec cette activité initiée par Manja Fleuria, les dépenses de la communauté féminine de Behara se trouve réduite.
Notre entrepreneure en herbe ne s’arrête pas là. En tant que membre du groupe KOMIAZA, un collectif qui promeut la protection des droits des enfants, elle joue également un rôle moteur dans sa communauté. « Je sensibilise la communauté, les jeunes et les enfants à la lutte contre le mariage précoce, l’hygiène, la propreté mais aussi le commerce ».

1. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans la culture de l’ananas ?
Je viens d’une famille pauvre. Quand j’étais enfant, nous n’avions pas les moyens d’acheter des ananas. Pour en goûter, il fallait en demander aux autres. Je me souviens que c’était un fruit rare pour nous, presque un rêve, car il coûtait trop cher. Depuis, je me suis promis qu’un jour, je deviendrais moi-même producteur d’ananas, pour ne plus jamais ressentir ce manque. En grandissant, j’ai commencé à en cultiver petit à petit, même si je ne maîtrisais pas encore les bonnes techniques agricoles.
2. Comment vous êtes-vous développé dans cette culture ?
Grâce au programme Asa Avotra Mirindra, nous avons appris plusieurs techniques agricoles : la culture de manioc et de légumes, l’aménagement des terrains, ainsi que la plantation d’ananas pour protéger le sol contre l’érosion. J’ai mis en pratique plusieurs de ces méthodes, mais je me suis surtout concentré sur la culture d’ananas, pour développer et améliorer ce que j’avais déjà. Avec l’appui financier reçu, j’ai pu acheter des têtes d’ananas pour agrandir ma plantation, qui compte aujourd’hui environ 4 000 pieds.
3. Quelle est, actuellement, l’étendue de votre activité ?
Les récoltes sont excellentes : les ananas sont gros, nombreux et ils pèsent près de 2 kg chacun. Au début, je ne récoltais qu’environ 4 000 ananas. Aujourd’hui, ma production atteint près de 8 000 pièces. Le volume est tellement important que je ne peux plus les écouler seul au marché, alors je les vends directement ici, dans le fokontany. Près d’une trentaine de commerçants viennent désormais acheter en gros chez moi, avant de les revendre sur différents marchés environnants. Je suis devenue fournisseur d’ananas dans la commune de Namorona. Un grossiste de Mananjary vient même s’approvisionner chez moi pour revendre dans sa région. Je ne suis pas le seul à pouvoir tirer profit de cette plantation. Elle fait vivre tout un réseau de petits commerçants et contribue au dynamisme de la communauté
Se projeter pour réussir : les familles tracent leur propre trajectoire de changement

Pour améliorer durablement leurs conditions de vie, les ménages vulnérables doivent faire évoluer leurs comportements et construire une vision claire de leur avenir. C’est tout l’enjeu de l’approche “Développement Orienté Résultats/Gender Action Learning System” (DOR/GALS), mise en œuvre, par le FID, au cœur des communautés dans le cadre de l’opérationnalisation du projet “Filets de Sécurité et de Résilience”.
À travers des outils simples et participatifs, les ménages apprennent à réfléchir ensemble, analyser leur situation, identifier leurs capacités, définir des objectifs réalistes et planifier les étapes pour les atteindre. Une famille peut par exemple décider d’acheter un zébu, pour renforcer ses moyens de subsistance, en épargnant mensuellement : une initiative qui les aide à organiser leurs progrès, tant sur le plan économique que social.
En promouvant l’égalité entre femmes et hommes, cette approche renforce également la cohésion familiale, la prise de décision collective et l’engagement de chacun. Combinée aux dispositifs de protection sociale, elle soutient la résilience économique et encourage les ménages à devenir les artisans de leur propre progrès, pour un développement inclusif et durable.
Vos questions ?
Des politiques et des programmes tels que Pfumvudza/Intwasa favorisent l’adoption de l’agriculture de conservation au Zimbabwe

Une analyse récente souligne l’importance des politiques et des cadres institutionnels dans le soutien aux pratiques d’agriculture de conservation au Zimbabwe. Des programmes tels que Pfumvudza/Intwasa ont attiré l’attention pour leur rôle dans la promotion de techniques agricoles durables, qui visent à améliorer la productivité agr icole tout en préservant la santé des sols et en réduisant l’impact environnemental. Le succès de ces initiatives repose en grande partie sur l’élaboration et la mise en œuvre de politiques efficaces qui créent des conditions favorables à l’adoption et au maintien des méthodes d’agriculture de conservation par les agriculteurs.
L’agriculture de conservation se concentre sur des pratiques telles que la perturbation minimale des sols, la rotation des cultures et le maintien de la couverture végétale afin d’améliorer la durabilité de l’agriculture. Au Zimbabwe, des programmes tels que Pfumvudza/Intwasa ont été mis en place pour relever des défis tels que l’insécurité alimentaire et les effets du changement climatique sur l’agriculture. Ces programmes mettent l’accent sur la participation des petits exploitants agricoles et leur apportent un soutien sous forme de formations, de ressources et d’incitations. Cependant, les chercheurs soulignent que des cadres politiques solides sont essentiels pour garantir l’adoption à long terme de ces techniques en s’attaquant aux obstacles tels que l’accès aux intrants, la diffusion des connaissances et les mécanismes de soutien financier. L’évaluation souligne la nécessité d’une coordination des efforts entre les agences gouvernementales, les organisations non gouvernementales et les communautés locales afin de renforcer le soutien institutionnel à l’agriculture de conservation dans tout le pays.
Sources : https://www.ifad.org/fr/w/actualites/ffd4-l-appel-du-fida-investir-de-maniere-judicieuse-dans-la-croissance-rurale-et-creer-jusqu-a-4-500-milliards-d-usd-d-activite-economique-dans-les-systemes-agroalimentaires
