FID’actus Février 2021

Bulletin d’information trimestriel du FID N°07.Février 2021 @FIDMadagascar

SOMMAIRE

L’alphabétisation :
Un moteur de développement durable

Histoire :
Rasoanirina Lalao Mélanie

Nous avons construit notre maison

3 questions à
Vololomboahangy R.C
Chef du service SES
Pourquoi un service pour la Sauvegarde Environnementale et Sociale ?

Histoire :
Manaha Zanabao

Nous avons fait face aux sècheresses

Vu ailleurs :
Digitalisation des frais de scolarité à Madagascar

Fiatrehana ny voina sy fanarenana » voilà l’esprit du projet d’appui et de relèvement développé par le Gouvernement malagasy pour aider près de 298.000 familles les plus vulnérables à atténuer les conséquences socioéconomiques de la pandémie de la COVID-19 ainsi que 100.000 ménages victimes de la sècheresse dans le Sud. Ce programme s’inscrit dans le cadre du Plan Multisectoriel d’Urgence (PMDU) élaboré par le Gouvernement. Financé à hauteur de 45 millions de dollars par la Banque Mondiale à travers un fonds de contingence pour les réponses d’urgence dénommé CERC ( Contingent Emergency Response Components), le programme sera mis en oeuvre sur une période de six mois. Sous la coordination du Ministère de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme (MPPSPF) avec l’appui du Bureau National de la Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), il sera opérationnalisé par le Fonds d’Intervention pour le Développement (FID).

Les allocations monétaires comme outil de relèvement

Près de 398.000 ménages vulnérables seront appuyés à travers des transferts monétaires répartis en quatre programmes.

« Ankohonana miatrika » est un programme de transfert monétaire non conditionnel pour renforcer les capacités

de résilience de près de 84 000 ménages vulnérables face aux impacts de la crise sanitaire dans les Districts de Tsiroanomandidy, Miarinarivo, Morondava ainsi qu’Antsirabe I et II. Chaque ménage recevra un transfert monétaire de 50.000 Ar par mois pendant cinq mois.

« Ankohonana miarina » est un programme de transfert monétaire conditionnel qui vise à fournir un supplément de revenu aux ménages pour renforcer leurs capacités à préserver le capital humain, expérimenté pour la première fois en milieu urbain pour 160.000 ménages vulnérables des communes urbaines et suburbaines d’Antananarivo, de Toamasina et de Fianarantsoa. Pendant six (6) mois, ces familles recevront 50.000 Ar par mois et sont tenues de participer de manière effective aux activités d’accompagnement du programme. Il s’agit des familles qui ont déjà bénéficié auparavant des allocations monétaires et qui sont vérifiées comme étant les plus vulnérables dans leur localité.

« Asa Avotra » est un programme de travaux rémunérés sous le système HIMO (Haute Intensité de Main d’Œuvre) pour permettre aux bénéficiaires de faire face à des besoins conjoncturels. Chaque ménage bénéficiaire recevra 5.000 Ar par jour travaillé. Les travaux s’étendent sur une période de 20 jours et consistent en de petits travaux communautaires d’embellissement.

Une formation technique correspondant aux travaux effectués est réalisée une fois par semaine. Le programme bénéficiera à 55.000 ménages identifiés comme étant les plus vulnérables à Antananarivo, Toamasina, Fianarantsoa et leurs environs. Particulièrement pour la commune urbaine d’Antananarivo, les activités ont commencé dans les fokontany d’Andohatapenaka et d’Ambodihady depuis le début du mois de février.

« Toseke Vonje Aigne » est un programme de transfert monétaire non conditionnel pour la zone Sud et Sud-Ouest de Madagascar en réponse aux effets de la sècheresse. Réalisé selon le mécanisme de Protection Sociale Réactive aux Chocs, le programme est à la fois un programme de transfert monétaire couplé avec un appui nutritionnel pour 100.000 ménages victimes des effets de la sécheresse. Les bénéficiaires recevront 80.000 Ar par ménage par mois pour cinq mois.

« Fiatrehana ny voina sy fanarenana est un projet de relèvement en réponse à la crise sanitaire et à la sècheresse. Bien que les bénéficiaires soient limités, nous espérons contribuer à amoindrir les impacts de ces crises auprès des communautés les plus vulnérables » explique Achille Razakatoanina, directeur chargé du projet.

Les mots du Directeur Général

2020 a été une année particulièrement difficile pour tout un chacun. Et pourtant, c’est dans les périodes les plus difficiles que nos interventions trouvent le plus leur sens : au cœur de l’action pour un développement humain durable. L’année 2021 pointe son nez et se présente comme l’année du renouveau priorisant le relèvement et la réhabilitation des communautés les plus vulnérables ainsi que l’extension des programmes de protection sociale à de nouvelles zones.

A travers le financement du Gouvernement malagasy à hauteur de 18 milliards d’ariary pour les trois prochaines années, 30.000 nouveaux ménages bénéficieront des programmes de protection sociale : Vatsin’Ankohonana et Asa Avotra Mirindra. Par ailleurs, dans le cadre du projet de Filets Sociaux de Sécurité (FSS), ces programmes seront implantés dans de nouvelles zones donnant accès à des services de protection sociale à 159 000 nouveaux ménages vulnérables. En effet, les bénéficiaires actuels, plus résilients, plus autonomes et plus soucieux de leur bien-être ainsi que de l’éducation de leurs enfants cesseront au cours de cette année de recevoir des transferts monétaires. Leur sortie des programmes s’inscrit ainsi dans la logique de développement que nous souhaitons instaurer.

Le travail continue également avec une réponse pour un relèvement précoce après la crise sanitaire de 2020 et les effets de la sècheresse dans la partie Sud du pays. « Fiatrehana ny voina sy fanarenana » appuiera 398.000 ménages à travers des Transferts Monétaires et des activités d’Argent Contre Travail pour renflouer leurs sources de revenus. Financé par la Composante de Réponse d’Urgence Contingente (CERC), ce projet est sous le mécanisme de réponse immédiate de la Banque Mondiale.

A l’aube de ces nouveaux défis et enjeux de nos interventions, nous appelons à la solidarité entre les différents acteurs : bénéficiaires, autorités locales, collectivités territoriales décentralisées et partenaires techniques et financiers pour nous rapprocher du développement durable souhaité.


Jaona ANDRIANANTENAINA
Directeur Général . FID

L’alphabétisation,
un moteur de développement durable

Outil de promotion pour le changement positif et le développement social, l’alphabétisation s’est inscrite dans les programmes de filets sociaux de manière évidente. Suivre la scolarité des enfants, connaître et défendre ses droits, renforcer l’autonomie et la confiance en soi, participer et s’engager dans la vie citoyenne …, l’alphabétisation n’est pas une fin en soi. Il s’agit d’acquérir des outils pour comprendre le monde et y agir socialement, économiquement, culturellement et politiquement.

Les programmes de protection sociale visent le bien-être durable des communautés en leur fournissant divers outils. Depuis janvier 2021, l’alphabétisation figure parmi les instruments adoptés dans le cadre des programmes Vatsin’Ankohonana, Fiavota et Asa Avotra Mirindra afin d’aider les bénéficiaires à améliorer leurs conditions de vie de façon durable.

Pour cette première campagne, environ 1.100 bénéficiaires apprenants sont visés atteindre le niveau CE2 du primaire pour une période de 6 à 10 mois. Cet apprentissage correspond à un volume horaire de 300 heures durant lequel les bénéficiaires apprennent à lire, à écrire et à compter à une fréquence de trois fois par semaine. Les premiers résultats de cette campagne sont attendus vivement.

Nous avons construit notre maison

Rasoanirina Lalao Mélanie Mahatsinjo, Antanifotsy

« Ma famille et moi étions dans une grande difficulté quand j’ai été sélectionnée pour intégrer le programme Asa Avotra Mirindra. Avec les revenus en contre partie de mon travail, notre vie allait déjà mieux. » nous raconte Rasoanirina Lalao Mélanie, dans le Fokontany Mahatsinjo, Antanifotsy.

« J’ai surtout appris à bien fixer mon objectif d’épargne et y rester fidèle, grâce aux formations et techniques de “ coup de pouce ” prodiguées par le programme. C’est incroyable car aujourd’hui nous avons pu construire notre maison. »

 

 

3 Questions à Vololomboahangy RAZAFINJATOVO Cooper

Chef du service Sauvegarde Environnementale et Sociale (SES) - Direction Générale FID

Le Fonds d’Intervention pour le Développement (FID) se met au cœur de l’action pour le bien-être durable de la population à Madagascar. En ce sens, il mène différentes activités touchant directement la communauté. Ces actions ne sont pas sans risques, notamment en cette période de la pandémie de la COVID-19 ouvrant à des contacts rapprochés avec la communauté locale. Le FID assure dans ses interventions l’évitement ou la mitigation des potentiels impacts négatifs de ses activités sur l’environnement et le social. Vololomboahangy RAZAFINJATOVO Cooper, chef de service Sauvegarde Environnementale et Sociale nous en dit plus.

 

FID’Actus : Pourquoi un service pour la Sauvegarde Environnementale et Sociale ?

RVC : Le FID, à travers la sauvegarde environnementale et sociale, a pour objectif un développement durable, profitable à la génération future. Cet objectif nous pousse à adopter une vision à long terme dans les résultats attendus de nos activités et leur mise en œuvre, ne pas nuire à la communauté et mitiger les potentiels impacts négatifs de nos actions. Cela concerne la préservation de l’environnement, la santé, la sécurité des biens et de la personne, bref le bien-être de nos équipes et bien sûre de la population locale, bénéficiaire de nos actions.

FID’Actus : En cette période de la pandémie de la COVID-19, quelles sont les mesures prises pour préserver la santé des collaborateurs et des bénéficiaires ?
RVC : Pour aider la population à se relever de la crise sanitaire, le transfert monétaire est une de nos actions majeures. Mais en effet, il ouvre à des rassemblements propices à la propagation de la COVID-19. Afin d’y remédier, notre équipe est formée et équipée pour respecter les mesures barrières. Nous collaborons avec des partenaires tels que la gendarmerie pour la sécurisation des lieux lors des regroupements et le respect de mesures barrières : distanciation sociale par marquage au sol, mise à disposition des dispositifs de lavage de mains, désinfection des lieux, port de masques etc.

FID’Actus : Dans la mise en œuvre des activités, comment s’applique cette SES ?

RVC : La sauvegarde se fait en collaboration avec des

partenaires privés et locaux et la communauté locale. Les directions interrégionales de FID adoptent des initiatives locales suivant leurs besoins et leurs contextes. Par exemple, sur un de nos sites, nous avons conclu un partenariat avec ADES, Association pour le Développement de l’Energie Solaire, afin de lutter contre l’usage intensif du charbon de bois. Notre partenaire a accordé une facilité de paiement à nos bénéficiaires dans l’acquisition des foyers améliorés. Ces derniers utilisent jusqu’à – 50% de charbon de bois et sont ainsi plus soucieux de la préservation de l’environnement.

Les actions de FID contribuent indéniablement au développement durable de Madagascar. Et si la mise en œuvre de nos activités peut présenter des risques, nous pouvons les éviter ou les mitiger en prenant déjà conscience de ses potentiels effets négatifs et en guidant nos actions vers des solutions responsables pour ne pas nuire à notre communauté.

Nous avons fait face aux sècheresses

« Avec mes deux enfants, dont l’un vit avec un handicap, faire face aux périodes de sècheresse nous a été difficile. Il nous arrivait de manger une fois par jour, parfois que du manioc. » nous raconte Manaha Zanabao, dans la commune de Beloha, district de Beloha dans la Région Androy.

« Grâce au programme Fiavota de FID, nous avons pu faire face aux sècheresses de 2016 et 2018. Même en période de vache maigre, les enfants restaient scolarisés et nous pouvions nous permettre de diversifier notre alimentation. »

Manaha Zanabao Beloha, Androy.

Brèves

Transfert monétaire : un nouveau système de paiement plus rapide et plus sécurisé

Depuis le début de cette année, un nouveau système de paiement en accord avec les avancées technologiques est expérimenté par le FID pour améliorer ses actions de protection sociale. Près de 70 000 bénéficiaires sont concernés. Ce nouveau système identifie rapidement les bénéficiaires et sécurise les paiements en atténuant les risques de fraudes.

Actuellement, le QR Code est la technique en place et d’ici le prochain semestre le système NFC (Near Field Communication) suivra. Ce dernier entend, en plus de la sécurisation, limiter les contacts durant les paiements et accélérer le processus pour un gain de temps pour tous.

« Le temps de faire la queue a considérablement diminué » nous partage un de nos bénéficiaires dans l’Ankamena Tanantsoa, commune Amboasary. « Si je passais plus de 2 heures auparavant à faire la queue, en une heure je suis reçue avec à peine 30 secondes à la caisse ».

Fiavota, la prise en charge nutritionnelle continue

La signature de l’acte d’engagement entre FID et les Offices Régionaux de Nutrition Anosy et Androy sur la distribution de « plumpy sup » a été concrétisée au mois de décembre 2020.

10 067 cartons de « plumpy sup » sont prévus à être distribués au niveau des sites de nutrition des districts bénéficiaires de FIAVOTA (Amboasary, Ambovombe, Bekily, Tsihombe, Beloha). 1 675 cartons ont été distribués à Ambovombe et Amboasary à la fin du mois de janvier 2021, la distribution continue jusqu’au mois de février 2021.

Coup d’envoi de Asa Avotra Mirindra à Manandriana et Arivonimamo

Le 18 septembre 2020, à Manandriana, et le 13 novembre 2020, à Arivonimamo, le “tsatok’angady” a été effectué par la délégation présidée par Mme BAVY Michelle Angelica, Ministre de la Population, de la Protection Sociale et de la Promotion de la Femme dans l’Amoron’i Mania et par Monsieur Andriamanana Solofonirina Maherizo, Gouverneur dans l’Itasy. Ces cérémonies annonçaient le lancement des nouveaux travaux dans le cadre du programme Asa Avotra Mirindra dans ces deux régions pour chacune 6.000 nouveaux ménages bénéficiaires.

Vu ailleurs

Digitalisation des frais de scolarité à Madagascar

Les services financiers sont un élément important pour améliorer la qualité de l’éducation à Madagascar. La digitalisation des frais de scolarité solutionne les contraintes de déplacement des parents des élèves, limitent la perte de données pour les écoles comme la comptabilité n’est plus tenue de façon manuelle. Ils aideront à réduire les contraintes de trésorerie dues aux retards ou au non paiement des frais de scolarité. Les salaires des enseignants seront réglés à temps, boostant la motivation des enseignants à continuer à donner un enseignement de qualité.

Si le retard de paiement est le problème majeur, l’insuffisance des infrastructures constitue une autre problématique. Cette digitalisation permettra d’investir dans les infrastructures ou l’équipement pour améliorer la qualité de l’enseignement. A suivre de près !