FID’actus Mars 2026

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La protection sociale réactive aux chocs : L’agilité au service de la résilience

Face à la multiplication des défis climatiques et économiques qui frappent notre pays, la rapidité de réponse est une nécessité vitale. C’est tout le sens de la « Protection sociale réactive aux chocs », une approche systémique conçue pour anticiper et absorber l’impact des crises.

Plutôt que de concevoir un nouveau dispositif d’urgence à chaque crise, cette approche s’appuie sur l’architecture des filets sociaux existants pour les mettre à l’échelle de manière dynamique. Cette évolutivité s’articule autour de deux axes majeurs, activés par des systèmes d’alerte précoce : l’expansion verticale, qui augmente temporairement le soutien aux familles déjà accompagnées pour éviter qu’elles ne sombrent davantage, et l’expansion horizontale, qui intègre d’urgence de nouveaux foyers que la crise a soudainement rendus vulnérables, facilitée par l’exploitation rapide des données du registre social unique ou bien par un dispositif d’auto-inscription.

Sous l’égide du Ministère de la Population et des Solidarités (MPS), en étroite synergie opérationnelle avec le BNGRC et avec le soutien technique et financier de la Banque mondiale — notamment par le biais de mécanismes de financement de contingence —,

le Fonds d’Intervention pour le Développement (FID) orchestre sur le terrain des réponses à la fois agiles, ciblées et diversifiées. Cette stratégie assure un véritable continuum entre l’urgence et le développement. Tandis que les Transferts Monétaires Non-Conditionnels (TMNC) permettent de parer aux besoins de survie immédiats et de stabiliser l’économie locale, l’action vise structurellement le relèvement digne des populations. Bien plus qu’une assistance, le programme Argent Contre Travail (ACT) s’inscrit dans cette phase de relèvement précoce en créant des opportunités de travail et en garantissant des revenus directs aux communautés sinistrées et vulnérables. Ces hommes et ces femmes deviennent ainsi les premiers acteurs de la réhabilitation de leur environnement et de la reconstruction de leurs infrastructures.

Brèves

Les Femmes du FID en action pour la JIF (journée internationale des droits des Femmes)

Les collaboratrices du FID se sont mobilisées à l’occasion de la JIF, célébrée du 5 au 8 mars sous l’égide du MPS, autour du thème « Les femmes malagasy, une force de la refondation nationale », au stade Barea Mahamasina. L’événement a rassemblé des acteurs venus de toutes les régions.

Un stand a permis de valoriser les impacts du projet FSR (Filets de sécurité et de résilience) en faveur des filles et des femmes, à travers le témoignage engageant des bénéficiaires. Les initiatives dans le cadre du projet pour l’autonomisation des filles et des femmes EAGER ont également été présentées.

Par ailleurs, les directions interrégionales du FID ont également marqué l’événement par leur participation aux activités organisées dans les régions.

Plus de 100 d’hectares reboisés grâce à l’engagement des bénéficiaires des programmes de protection sociale

La campagne de reboisement 2025 – 2026, portée par le thème « Celui qui plante un arbre, donne une vie », a vu la participation des directions interrégionales du FID dès le début de l’année, en collaboration avec les autorités locales et la Direction Régionale de l’Environnement et du Développement Durable (DREDD).

A travers les programmes de protection sociale, le FID accompagne les bénéficiaires par des formations techniques et agricoles, tout en contribuant à la protection de l’environnement et pour les générations futures. Lors du lancement officiel de la campagne de reboisement, plus de 10 000 plants ont été mis en terre. Dans le cadre du programme Haraton’aina, la superficie reboisée depuis 2025 approche les 100 hectares et plus de 350 000 jeunes plants ont été plantés.

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Malgré l’effondrement, l’espoir demeure

 

Solovavy Elisabeth, mère célibataire de cinq enfants à Tanambao II, Toamasina.

« Notre maison s’est effondrée. Tout a été détruit en un clin d’œil », raconte Solovavy Elisabeth, mère célibataire de cinq enfants, à Tanambao II, Toamasina.

« Lorsque le vent s’est intensifié, la maison a commencé à trembler. Nous nous sommes d’abord mis à l’arrière pour nous mettre à l’abri… Puis nous nous sommes réfugiés chez des voisins, assistant impuissants à la destruction progressive de notre foyer. Finalement, nous avons rejoint l’EPP 1905 », raconte-t-elle.

Au lendemain de la catastrophe, elle découvre l’ampleur des pertes : maison détruite, toit arraché, biens cassés et emportés. Rapidement, les soutiens s’organisent à travers le programme Asa Vonjy Voina, sous le financement de la Banque mondiale et mis en œuvre par le FID.

Elle bénéficie alors d’une aide financière et participe aux travaux communautaires pour le nettoyage du quartier et ses environs.
«Avoir du travail est déjà une chance », confie-t-elle.

Avec l’appui, elle commence à se relever, achète quelques ustensiles essentiels ainsi que deux tôles. Cependant la situation reste difficile. Son activité de vente de yaourt de soja est à l’arrêt, faute de fournisseur. L’électricité n’est toujours pas rétablie. Mais elle continue d’avancer et garde espoir.

Aujourd’hui, Solovavy garde un objectif clair : reconstruire et offrir un avenir meilleur à ses enfants. Entre détermination et espoir, elle rêve de relancer une activité de pâtisserie et de reprendre, pas à pas, le cours de sa vie.

Appuyer la résilience : une réponse intégrée après le cyclone Gezani

À travers le programme de protection sociale de réponse aux crises “Asa Vonjy Voina”, des milliers de bénéficiaires participent à des activités combinant appui direct aux familles et amélioration de l’environnement collectif. Cet ensemble d’interventions vise à soutenir les ménages dans leur relèvement et à renforcer leur résilience.

Après le cyclone Gezani, les actions se sont intensifiées pour accompagner les familles sinistrées à Toamasina. Le programme Asa Vonjy Voina, déployé dans les districts de Toamasina I et II, apporte une réponse intégrée pour aider les ménages vulnérables à reprendre progressivement leurs activités. Sous le financement de la Banque mondiale, à travers trois projets – le projet de Filets de Sécurité et de Résilience (FSR), le projet régional pour la préparation aux situations d’urgence et l’accès à une reprise inclusive (REPAIR) et le Projet de Réponse d’Urgence Contingente (CERP)- le dispositif associe transferts monétaires, travaux communautaires en argent contre travail, remise en état de toitures endommagées, distribution de compléments nutritionnels et appui agricole par la fourniture de semences.

Relancer le quotidien des familles

Afin de couvrir les besoins essentiels, chaque ménage sinistré bénéficie d’un appui monétaire équivalent à 280 000 ariary. Grâce à ce soutien, les foyers ont pu subvenir à leurs besoins quotidiens, réparer progressivement leur habitation et relancer leurs activités économiques. Au 31 mars 2026, plus de 63 000 ménages ont reçu leurs transferts monétaires dans les districts de Toamasina I et II.

Par ailleurs, des compléments nutritionnels seront distribués pour soutenir la santé et la résilience des familles. Tandis que dans le District de Toamasina II, la fourniture de semences soutiendra la reprise des activités agricoles.

Améliorer l’environnement commun

Les travaux communautaires en argent contre travail (ACT) offrent aux familles vulnérables des revenus temporaires tout en contribuant à l’assainissement des quartiers. Chaque représentant de ménage travaille 20 jours, à raison de 5 heures par jour pour une rémunération de 7 000 ariary par jour travaillé. A ce jour, 616 chantiers ACT ont été lancés dans les deux districts pour améliorer le cadre de vie.

Dans la commune urbaine de Toamasina, plus de 58 000 m³ de débris laissés par le cyclone ont été enlevés, contribuant à restaurer progressivement les espaces urbains. Parallèlement, des travaux d’urgence ont permis de remettre en état les toitures endommagées de 10 établissements scolaires, permettant aux élèves de reprendre rapidement les cours dans des conditions plus sûres.

Une dynamique collective de relèvement

En conjuguant soutien immédiat et actions structurantes, Asa Vonjy Voina contribue non seulement à réparer les dégâts mais également à renforcer la résilience des communautés.

La mise en œuvre du programme s’appuie sur une collaboration étroite entre les acteurs des secteurs clés – éducation, nutrition, agriculture et commune urbaine. Asa Vonjy Voina est déployé par le FID – Fonds d’Intervention pour le Développement, sous la coordination du Ministère de la Population et des Solidarités et du Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes.

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Les filets sociaux, un soutien pour se reconstruire

 

FATIMA, bénéficiaire Asa Vonjy Voina
Mahajanga

À Mahajanga, dans le quartier de Tsararano Ambany, Fatima a vu son quotidien bouleversé par les inondations provoquées par le cyclone Fytia. L’eau a envahi son foyer, endommageant ses biens et fragilisant les conditions de vie de sa famille.

Grâce à l’appui financier reçu à travers le programme Asa Vonjy Voina, elle a pu faire face à l’urgence et amorcer sa reconstruction. Avec un premier versement de l’aide monétaire, elle a d’abord acheté du riz pour subvenir aux besoins essentiels de sa famille, puis payé les frais de scolarité de ses enfants, préservant ainsi leur avenir.

La deuxième tranche du transfert monétaire, lui a permis de remplacer son matelas abîmé par les eaux.

Pas à pas, Fatima retrouve aujourd’hui un semblant de stabilité.

Asa Vonjy Voina est un programme de protection sociale du Gouvernement malagasy, financé par la Banque mondiale. Il est coordonné par le Ministère de la Population et des Solidarités et Bureau National de la Gestion des Risques et des Catastrophes. Sa mise en œuvre est assurée par le FID – Fonds d’Intervention pour le Développement.

Région Boeny : Des transferts monétaires pour aider les familles à se relever après le cyclone Fytia

À la suite du passage du cyclone Fytia dans la région Boeny, un dispositif de réponse a été activé afin de soutenir les populations touchées dans leur relèvement. Des transferts monétaires non conditionnels ont été mis en œuvre dans 14 communes déclarées sinistrées des districts de Mahajanga I, Mahajanga II, Ambato Boeni, Mitsinjo et Soalala.

Au total, 29 500 ménages bénéficieront de ces interventions. L’objectif est d’apporter un appui financier aux familles affectées afin de les aider à couvrir leurs besoins essentiels et à entamer leur reconstruction. Chaque ménage recevra des transferts monétaires de 280 000 ariary, dont les premiers paiements ont débuté en février 2026.

Par ailleurs, pour les ménages bénéficiaires de Vatsin’Ankohonana, une expansion verticale a été activée pour plus de 6 000 ménages. Ce mécanisme, propre aux programmes de protection sociale adaptatifs aux chocs, consiste à augmenter temporairement le montant de l’aide reçue lorsque survient une catastrophe. Il permet ainsi aux familles, déjà vulnérables, de faire face à l’aggravation de leurs difficultés et de préserver leurs moyens de subsistance.

Ces opérations sont menées dans le cadre du programme de protection sociale Asa Vonjy Voina qui est financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par le FID – Fonds d’intervention pour le développement, sous la saisine du Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC) et en coordination avec le Ministère de la population et des solidarités.

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3 Questions à Voahirana Irène Rasoamanana

Directeur des activités de réponses aux crises du Fonds d’Intervention pour le Développement

Accompagner le relèvement des communautés après les chocs

Les activités de réponse aux crises mises en œuvre par le FID visent à soutenir les ménages affectés par les chocs tels que les catastrophes naturelles (cyclones, inondations, sécheresse) ou les crises économiques. L’objectif est double : aider les familles à se relever rapidement et renforcer la résilience des communautés.

1. Comment sont sélectionnés les zones et les ménages bénéficiaires des interventions ?

Les zones d’intervention sont identifiées grâce aux données du Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC), qui recense les communautés touchées. Une fois les zones ciblées, un processus de sélection est mené au niveau local pour identifier les ménages les plus vulnérables.

Les familles sinistrées s’auto-inscrivent auprès de leur fokontany et fournissent des informations sur leur situation. Ces données sont ensuite analysées à l’aide de la méthode Proxy Means Test (PMT), qui attribue un score de pauvreté à chaque ménage. Les plus pauvres sont retenus et la liste est affichée publiquement pour garantir la transparence.

Par ailleurs, un mécanisme d’assistance et de conseils est mis à disposition de la communauté pour signaler toute situation d’exclusion ou effectuer des plaintes.

2. De quelle manière les interventions soutiennent-elles les communautés affectées ?

Les réponses aux crises reposent notamment sur les activités Argent Contre Travail (ACT), les transferts monétaires non conditionnels (TMNC) et la réhabilitation d’infrastructures endommagées. Ces actions permettent de fournir un appui financier pour répondre aux besoins essentiels des ménages tout en contribuant au nettoyage des quartiers et au rétablissement des services de base.

À Toamasina, après le passage du cyclone Gezani, les activités ACT ont été prioritaires. La ville ayant été détruite à plus de 80 %, il était urgent de nettoyer et d’assainir les quartiers. Ces activités permettent aux familles de disposer de revenus tout en contribuant à la reconstruction collective.

3. Comment sont définis les montants des appuis financiers destinés aux ménages ?

Les montants sont établis sur la base du panier minimum de dépenses d’un ménage, Minimum Expenditure Basket (MEB), qui estime les ressources nécessaires pour couvrir les besoins essentiels d’une famille pendant un mois.

Les montants actuellement appliqués sont harmonisés entre les acteurs, intervenant dans les situations d’urgence à travers les transferts monétaires, regroupés au sein du Cash Working Group (CWG), sous la coordination du Gouvernement.

Dynamiques du développement en Afrique 2025, Infrastructure, croissance et transformation

Des infrastructures de qualité sont essentielles pour accélérer la transformation productive de l’Afrique et améliorer le bien-être ainsi que la productivité. Malgré des progrès notables, notamment grâce au Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) de l’Union africaine, plus de deux Africains sur cinq restent privés d’accès aux services de base, en particulier à l’électricité, et la situation pourrait s’aggraver d’ici 2050. Les besoins d’investissement sont estimés à 2 480 milliards USD d’ici 2040, avec un potentiel de croissance supplémentaire de 4,5 points par an, permettant d’atteindre et dépasser les objectifs de croissance du continent.

Le besoin annuel d’investissement, évalué à 155 milliards USD, représente 5,6 % du PIB, mais les dépenses publiques restent insuffisantes comparées à certains pays asiatiques. Le financement public domine encore largement, tandis que le poids du service de la dette limite les marges budgétaires. En parallèle, les investissements privés diminuent, freinés par des perceptions de risque élevées.

Pourtant, les taux de défaut liés aux infrastructures en Afrique sont relativement faibles. Le coût du capital reste cependant élevé, en raison d’un manque de transparence et d’information. Améliorer la disponibilité des données et mieux gérer les risques permettrait d’attirer davantage d’investisseurs privés. Des initiatives comme la Plateforme virtuelle d’investissement en Afrique visent à renforcer la confiance et à mobiliser les financements nécessaires pour combler le déficit d’infrastructures et soutenir le développement économique durable du continent. Une mobilisation coordonnée des acteurs publics et privés, appuyée par des réformes institutionnelles, fiscales et réglementaires, sera déterminante pour accélérer la mise en œuvre des projets structurants et garantir leur efficacité à long terme.

CUA/OCDE (2025), Dynamiques du développement en Afrique 2025 : Infrastructure, croissance et transformation, CUA,
Addis‑Abeba/Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/d9e3fcd9-fr.