Réponse d'urgence: Les filets sociaux adaptatifs appuient les ménages sinistrés, grâce au soutien de la Banque mondiale
avril 23, 2026


La Banque mondiale soutient la mise en œuvre d’un vaste programme d’urgence en faveur des ménages sinistrés après le passage des cyclones Fytia et Gezani. Ce dispositif vise à apporter une assistance immédiate tout en accompagnant la relance des moyens de subsistance dans les zones les plus touchées.
Des sinistrés de Toamasina retrouvent progressivement le chemin de l’espoir. Ils ont bénéficié d’une aide essentielle qui leur a permis de se relever, après le passage du Cyclone Gezani. Une aide financière sous forme de Transferts Monétaires Non Conditionnels (TMNC) a été fournie aux ménages sinistrés, avec l’appui financier de la Banque mondiale. « J’ai directement acheté des tôles pour réhabiliter ma maison qui a été complètement détruite » témoigne Simone Ravoniarisoa, lavandière et mère célibataire de 30 ans habitant dans le quartier de Tsarakofafa Toamasina. Pour Florine Razafindranahary, une autre sinistrée, par ailleurs, l’argent lui servira à réparer ses pousses-pousses afin de relancer son activité économique.
Il s’agit du premier plan de réponse d’urgence d’un montant de 37 millions de dollars, mobilisé par la Banque mondiale en réponse à l’appel à l’aide internationale lancé par le Gouvernement malgache. C’est une réponse financée à travers le Projet de Filets de Sécurité et de Résilience (PFSR), le Projet Régional pour la préparation aux situations d’urgence et l’accès à une reprise inclusive (REPAIR), ainsi que par l’activation du Projet de Réponse d’Urgence Contingente (CERP). Ce dernier étant un mécanisme récemment mis en place par la Banque pour permettre des réponses plus rapides, flexibles et efficaces face aux crises, y compris les catastrophes naturelles. « Les cyclones Gézani et Fytia ont rappelé une réalité essentielle : face à des chocs de plus en plus fréquents, la protection sociale est un pilier de la résilience. Si nous avons pu réagir rapidement, c’est aussi parce que Madagascar a pu mobiliser de nouveaux instruments de réponse d’urgence récemment mis en place par la Banque mondiale et les dispositifs de réponses de crise étaient déjà en place avant les catastrophes. La protection sociale permet aux familles de traverser le choc sans s’effondrer, de préserver leur dignité et de se projeter à nouveau dans l’avenir.
À Madagascar, investir dans la protection sociale, ce n’est pas faire de l’assistanat, c’est donner aux ménages les moyens de rebondir » soutient la Banque mondiale.
Le programme est mis en œuvre par le Fonds d’Intervention pour le Développement (FID), en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Ce plan consiste en un paquet d’assistance intégré combinant transferts monétaires sociaux, programmes argent-contre-travail, compléments nutritionnels, distribution de semences ainsi que la remise en état des toitures endommagées d’établissements scolaires et de centres de santé, particulièrement sur Toamasina.

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Après le passage du cyclone, Johannie découvre son lycée dévasté : salles de classe endommagées, toitures arrachées… Face à l’ampleur des dégâts, les cours ont été suspendus que les élèves craignaient une année scolaire compromise.
Pour une reprise rapide des activités d’enseignement, des travaux d’urgence pour la réparation des toitures arrachées sont initiés, combinés avec les activités d’assainissement réalisées en argent contre travail au sein des établissements scolaires.
Deux semaines plus tard, la situation évolue. Grâce à ces interventions, le lycée reprend peu à peu ses activités. Aujourd’hui, Johannie et ses camarades ont repris le chemin de l’école. « Nous sommes vraiment soulagés de pourvoir poursuivre nos études dans des conditions normales », confie Johannie, rassurée.
Johanie,
Elève, Lycée Jacques Rabemananjara Toamasina
144 000 ménages impactés
L’objectif est d’apporter une assistance directe à plus de 144 000 ménages impactés par les cyclones Fytia et Gézani. L’aide est composée de deux transferts de 140 000 Ar, versés en une seule tranche de 280 000 Ar, par ménage bénéficiaire. Ce mécanisme de réponses aux crises, appelé Asa Vonjy Voina, mis en œuvre dans le cadre des filets sociaux, permet de stabiliser les foyers et ménages après les chocs. Il a permis L’objectif est d’apporter une assistance directe à plus de 144 000 ménages impactés par les cyclones Fytia et Gézani. L’aide est composée de deux transferts de 140 000 Ar, versés en une seule tranche de 280 000 Ar, par ménage bénéficiaire. Ce mécanisme de réponses aux crises, appelé Asa Vonjy Voina, mis en œuvre dans le cadre des filets sociaux, permet de stabiliser les foyers et ménages après les chocs. Il a permis de répondre immédiatement aux besoins les plus urgents des sinistrés, dont la réhabilitation de la case d’habitation et la relance des activités génératrices de revenus. La plupart des sinistrés à Toamasina vivaient sans toit, depuis le passage du cyclone Gezani. Les vents forts apportés par ce cyclone ont ravagé plusieurs lieux d’habitation dans sa zone d’impact, dans le soir du 10 février. Le BNGRC estime à 74 000 les maisons endommagées et détruites par Gezani, dont la grande majorité se trouvait à Toamasina. La perte d’emploi, combinée à la hausse des prix des matériaux au lendemain de la catastrophe, a laissé de nombreux sinistrés sans solution pour reconstruire leur habitation, pendant plusieurs semaines, jusqu’à l’arrivée de cette aide.
Au 26 mars 2026, 46 000 ménages à Toamasina I et plus de 6 000 ménages à Toamasina II ont déjà reçu cet appui. Des activités Argent contre Travail à Haute Intensité de Main-d’œuvre (ACT-HIMO), mises en œuvre sur une période de 20 jours dans l’ensemble des fokontany de Toamasina, viennent en appui aux transferts monétaires non conditionnels. À ce jour, plus de 83 000 ménages sont mobilisés sur 564 chantiers ACT à Toamasina I et Toamasina II. Ces dispositifs offrent aux ménages participants un revenu temporaire, tout en les impliquant dans l’assainissement des espaces publics. Pour Olivia R., comme pour de nombreuses femmes cheffes de ménage, ces soutiens ne servent pas uniquement à survivre, mais aussi à reprendre la main sur le quotidien et à reconstruire l’avenir de son foyer.
Les activités du programme Asa Vonjy Vona sont mises en œuvre dans le cadre d’une étroite coordination avec les différents acteurs sectoriels. La réhabilitation des toitures endommagées des établissements scolaires est assurée en partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale. Cette action sera prochainement étendue aux centres de santé, dont l’identification est actuellement effectuée avec le Ministère de la Santé publique.
À Toamasina, la Commune urbaine coordonne l’enlèvement des débris de bois et des arbres laissés par le cyclone. Par ailleurs, le relèvement est soutenu par une distribution de compléments nutritionnels qui sera lancée dans les prochaines semaines, en partenariat avec l’Unité du Programme National de Nutrition Communautaire de l’Office National de la Nutrition (UPNNC/ONN). Enfin, la relance de la production agricole sera appuyée par une distribution de semences prévue dans le district de Toamasina II, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture.
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Cet après-midi là, le cyclone arrache deux tôles de la maison de Néomie. Avec son fils, elle se réfugie chez sa grand-mère, tandis que son mari reste sur place pour tenter de protéger leurs biens. Au matin, leur maison est complètement ravagée.
Très vite, les interventions s’organisent. Informée par le fokontany, Néomie rejoint les travaux communautaires du programme Asa Vonjy Voina. Avec ses voisins, elle participe au nettoyage des quartiers et reçoit une première rémunération. “Grâce à cet argent, nous avons pu acheter de la nourriture et prendre soin de notre fils” confie-t-elle.
Une aide financière leur a également été octroyé. “Avec cet appui financier, nous avons acheté des matériaux pour remettre notre maison en état. Nous sommes tellement reconnaissants car sans ce soutien, nous ne savons pas ce que nous serions devenus”.
Aujourd’hui, Néomie se relève peu à peu. Elle entrevoit à nouveau l’avenir, avec l’espoir de reconstruire sa maison et de retrouver une vie digne.
Néomie,
bénéficiaire du programme Asa Vonjy Voina Fokontany Andranomadio, Commune Urbaine de Toamasina
Situation d’avancement des interventions post-Gezani à Toamasina
Asa Tanamaro ou ACT
- 429 chantiers ACT lancés à Toamasina I
- Plus de 60 500 ménages bénéficiaires
- 192 chantiers lancés à Toamasina II
- Plus de 33 000 ménages bénéficiaires
Fanampiana ara-bola ou TMNC
- Plus de 58 000 ménages ayant déjà reçu leur transfert monétaire à Toamasina I
- Plus de 19 000 ménages ayant déjà reçu leur transfert monétaire à Toamasina II
10 établissements scolaires dont les toitures ont été réparées
58 426 m3 de débris ramassés
Situation au 22 avril 2026
La protection sociale, un levier central
Le cyclone tropical intense (CTI) Gezani compte parmi les plus puissants ayant frappé Madagascar. La région d’Atsinanana, particulièrement touchée, a été détruite à 90 % selon les autorités. Le bilan humain est lourd : 62 personnes ont perdu la vie, 13 sont portées disparues et plus de 800 personnes ont été blessées, d’après le BNGRC.
Au total, 426 000 sinistrés ont été recensés dans sept régions, notamment Atsinanana, Analamanga, Analanjirofo, Itasy, Atsimo Andrefana, Menabe et Alaotra Mangoro. La plupart de ces sinistrés ont tout perdu lors de cet événement météorologique d’une intensité exceptionnelle : leur logement, leurs emplois, leurs biens matériels, leurs moyens de subsistance, leurs récoltes, et parfois leurs outils de travail. Les infrastructures essentielles comme les écoles, les routes ou les réseaux d’eau et d’électricité ont également été lourdement endommagées. Cette situation a plongé les sinistrés dans une profonde détresse. « Vous n’imaginez pas la douleur. Je suis une mère défaillante et je n’ai pas d’endroit où héberger mes enfants. Le cyclone a tout pris, notre maison, notre moyen de subsistance, le peu que nous avions », témoigne en sanglots, Justine Be, une sinistrée.
Une situation de crise humanitaire inédite s’est installée. Des familles dormaient à la belle étoile, certaines dans un cimetière où elles avaient dressé des tôles ou d’autres matériaux de fortune pour se protéger des regards et du vent. Alors que la pluie continuait de s’abattre sur la région d’Atsinanana, plusieurs jours après le passage de Gezani, beaucoup passaient leurs nuits sans sommeil et, le jour, ils avaient les pieds constamment dans l’eau. « Tout le monde est sinistré ici, car les maisons sont détruites. Tout le monde est dans une situation de grande précarité » nous confie Armand R., père de famille habitant le quartier d’Akirihiry, Toamasina. Ils vivaient en promiscuité, dans des conditions inimaginables. « J’ai hébergé chez moi et nourri une trentaine de personnes qui n’avaient plus rien », lançait le président du fokontany d’Ampanalana Toamasina, Guillaume Alexis. Ils ont été privés d’électricité, de soins, avec la destruction des infrastructures hospitalières. Ces témoignages mettent en lumière une réalité plus profonde : à Madagascar, les chocs climatiques successifs touchent des ménages déjà vulnérables et les enferment durablement dans une pauvreté structurelle. Cette situation met en lumière les limites des mécanismes de résilience existants. Sans une réponse coordonnée et orientée vers la reconstruction durable, le choc post-Gézani risque d’évoluer vers une crise structurelle prolongée. C’est précisément dans ces contextes que la protection sociale devient un levier central, capable d’amortir les chocs et d’empêcher l’effondrement économique des ménages.
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“Asa Vonjy Voina ” est un programme de protection sociale du Gouvernement malagasy, sous la coordination du Ministère de la Population et des Solidarités et du Bureau National de la Gestion des Risques et des Catastrophes. Le programme est financé par la Banque mondiale et mis en oeuvre par le FID – Fonds d’Intervention pour le Développement.