Vero RABOANARY
août 31, 2026Directrice du Projet EAGER

Secteur porteur d’espoir : « Une deuxième chance pour les adolescentes déscolarisées »
La sous-composante 1.2 de EAGER accompagne vers l’autonomie les adolescentes de 10 à 17 ans déscolarisées. Elle se caractérise par la mise en place des « espaces sûrs » permettant à celles qui veulent retourner sur les bancs de l’école de rafraîchir leurs connaissances, et aux autres adolescentes de développer leurs capacités et leurs compétences de vie. Entretien avec Vero Raboanary, Directrice du Projet.
1. Où en est aujourd’hui l’avancement de la sous-composante 1.2 ?
La dynamique est là, et elle tient ses promesses. Le ciblage est finalisé dans cinq régions: Ihorombe, Haute Matsiatra, Menabe, Vakinankaratra, Amoron’i Mania, avec 41 017 adolescentes déjà bénéficiaires dans des espaces sûrs opérationnels. La deuxième phase démarre, dans onze régions supplémentaires : Analanjirofo, Androy, Anosy, Atsimo Andrefana, Atsimo Atsinanana, Atsinanana, Betsiboka, Fitovinany, Melaky, Sofia et Vatovavy.
2. En quoi consiste concrètement l’accompagnement du projet pour ces adolescentes ?
La sensibilisation dans les espaces sûrs et auprès des parents, pour encourager le retour à l’école, est une priorité : l’un des soutiens majeurs est le cours de remise à niveau (CRAN) au primaire comme au collège, l’alphabétisation et la formation technique, en partenariat avec les ministères concernés. Ces soutiens aident les adolescentes à choisir leur avenir. Pour celles qui ne peuvent pas reprendre les études, des activités menées par les « Zoky » leur sont proposées dans les espaces sûrs.
3. Quels changements observez-vous chez les adolescentes et leurs familles lorsqu’elles bénéficient de l’espace sûr et quelles sont les prochaines étapes ?
Ce qui frappe le plus, c’est la confiance en soi acquise par ces adolescentes, qui apprennent ce que leur entourage ne leur transmet pas : confiance en soi, estime de soi, hygiène menstruelle, santé, prise de parole… et elles partagent aussi leurs expériences entre elles.
Elles réalisent qu’elles ont une place et une valeur en famille, et deviennent responsables à la maison. Une mère nous a raconté que sa fille répare directement dès qu’elle constate quelque chose d’abîmé, et gère son hygiène en toute confiance. Une autre, dont la fille présente un handicap mental, a partagé son soulagement de la savoir mieux protégée dans les espaces sûrs. Un père a indiqué que sa fille a désormais une vision pour son avenir.
La mission à Ambatolampy a fait naître de nouvelles idées de complémentarité entre partenaires : un plan d’action avec le Ministère de l’Education Nationale pour l’alphabetisation; avec le Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionneelle pour la formation technique; avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour la prise de décision et la vie en société; et le Ministère de la Population et des Solidarités pour la protection de l’enfant. Le déploiement des espaces sûrs se poursuit, et les inscriptions restent ouvertes.
