Asa Avotra Mirindra : Une dynamique communautaire vers l’autonomie financière
novembre 2, 2026
À Mahambo, dans la région Analanjirofo, les activités agricoles contribuent à financer les études des enfants, à développer de petits élevages et à diversifier les sources de revenus. Robine, mère de trois enfants qu’elle élève seule, cultive notamment des bananes plantain, du café et du girofle, tout en pratiquant l’élevage de volailles. Les revenus tirés de ces activités lui permettent de prendre en charge la scolarité de ses enfants, dont le dernier est inscrit à l’Université de Toamasina. « Ces activités me rapportent suffisamment d’argent pour assurer l’enseignement de mon benjamin », confie-t-elle.
Ce parcours s’inscrit dans la dynamique portée par Asa Avotra Mirindra, un programme gouvernemental de protection sociale dans le cadre du projet Filets de Sécurité et de Résilience (FSR), sous le financement du Groupe de la Banque mondiale. Dans les communautés rurales ciblées, le dispositif associe travaux rémunérés, formations aux pratiques agricoles améliorées et accompagnement des activités productives. L’objectif est de renforcer les moyens de subsistance des ménages vulnérables et de favoriser leur autonomie financière. Pour Robine, les bénéfices du programme vont au-delà des revenus tirés de ses cultures et de son élevage. Les connaissances acquises lui ont permis de développer d’autres activités. « Mes activités me permettent de vivre, d’améliorer mes conditions de vie. Mes connaissances et mon savoir-faire en techniques agricoles améliorées m’ont permis d’avoir d’autres sources de revenus, soit en produisant et en vendant du compost, soit en formant d’autres personnes intéressées par l’agriculture. J’ai même pu trouver un travail grâce à ces connaissances. Je peux le dire, ma vie a complètement changé grâce à Asa Avotra Mirindra », témoigne-t-elle.
Cette diversification est un élément important de son expérience. Les compétences agricoles peuvent servir à améliorer la production, mais aussi à créer des activités complémentaires et à transmettre des savoir-faire au sein de la communauté. Au lieu de dépendre d’une seule activité, elles offrent ainsi plusieurs possibilités de générer des revenus. D’autres bénéficiaires évoquent également des changements dans leurs moyens de production et leur situation financière. Soa, par exemple, affirme être passé de six poulets à une trentaine grâce au programme et à ses autres activités agricoles. Elle fait également état d’une évolution positive de ses finances.
Felana insiste, pour sa part, sur la possibilité de subvenir à ses besoins malgré son âge. « Vu mon âge, je peux assurer mon bien-être, m’assumer financièrement sans trop dépendre de personne car je peux produire et ainsi gagner des revenus avec mes activités », explique-t-elle. Son témoignage souligne l’importance de l’inclusion économique des personnes âgées, qui peuvent continuer à exercer des activités productives adaptées à leur situation.
Une dynamique qui dépasse les exploitations individuelles
Asa Avotra Mirindra ne repose pas uniquement sur le développement d’activités individuelles. Le programme encourage également l’entraide communautaire, l’amélioration des paysages ainsi que la gestion de l’épargne et des investissements collectifs. Il prévoit des travaux rémunérés destinés aux communautés vulnérables, avec une visée de production durable et de préservation de l’environnement.
Cette approche cherche à articuler le soutien immédiat et le renforcement des capacités. Les revenus issus des travaux rémunérés peuvent répondre à certains besoins courants, tandis que les formations et les activités productives visent à ouvrir des perspectives plus larges bien au-delà de l’aide. La diversification des moyens de subsistance contribue également aux objectifs de sécurité alimentaire et d’inclusion économique, notamment pour les personnes âgées et handicapées.
Ces dynamiques sont corrélées par les évaluations d’impact réalisées afin de démontrer l’efficacité des programmes et justifier leur extension à plus grande échelle. Ces évaluations font état d’une hausse de 40 % du revenu moyen des ménages bénéficiaires, comparativement à celui des non-bénéficiaires du programme de transfert monétaire. Elles signalent également un investissement accru dans l’élevage et un recul marqué du taux de malnutrition aiguë globale chez les enfants des ménages bénéficiaires. À Mahambo, les témoignages démontrent une démarche permettant l’instauration durable d’une dynamique communautaire dont le socle est le programme Asa Avotra Mirindra.